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Avec la prolifération du terrorisme islamiste, dans les pays de l’AES, et près de ses frontières, la Côte d’Ivoire développe ses capacités de contre-terrorisme. En plus d’avoir conclu un accord de défense avec les États-Unis, la Côte d’Ivoire peut compter sur son Académie Internationale de la Lutte Contre le Terrorisme.
Inaugurée en 2021, à Jacqueville (à 35km d’Abidjan), l’Académie Internationale de la Lutte Contre le Terrorisme (AILCT) est rapidement devenue une référence. L’AILCT se définit comme une école interministérielle des cadres, qui forme des spécialistes civils et militaires de la lutte contre le terrorisme en Afrique. L’académie tire son expertise de trois piliers :
une école interministérielle dédiée à la formation des responsables et techniciens nationaux de la lutte contre le terrorisme (formation civile)
un centre d’entraînement des forces spéciales et des unités d’interventions spéciales (formation militaire)
un institut de recherche stratégique (apporte réflexion universitaire et scientifique permettant d’accroître les connaissances sur le terrorisme islamiste.).
Cette approche interministérielle reliant les ministère de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense et bientôt des Finances, permet aux stagiaires de prendre du recul et d’avoir une vision globale.
La coopération pour appréhender une menace globale
À ce titre, grâce à ses spécificités, l’AILCT suscite l’intérêt de nombreux pays dans le monde entier. À commencer par la France qui a investi aux côtés du gouvernement ivoirien dès l’origine du projet en 2017. Aujourd’hui, l’académie compte 17 partenaires parmi lesquels les États-Unis, le Canada, l’Italie etc…Cette coopération grandissante permet la diffusion d’un savoir-faire international. Les formations permettent une approche pluridisciplinaire offrant une approche globale pour appréhender une menace terroriste islamiste qui n’a pas de frontière. Ainsi, en 2022, 940 stagiaires provenant de 26 pays africains avaient été formés, par des experts ivoiriens, mais aussi français et d’autres provenant des pays partenaires.
À cet égard, Birahima Ouattara, ministre de la Défense ivoirien, se félicite du succès de l’AILCT ; « C’est le deuxième conseil de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme. Cette académie qui a été la volonté de deux pays que sont la France et la Côte d’Ivoire, suscite un engouement. Comme vous avez pu le constater, de nombreux pays adhèrent à cette académie. L’année dernière, nous étions onze membres d’organisation internationale. Cette année, nous sommes 17 membres. Cela veut dire que l’académie suscite beaucoup d’engouement ».
Les profils des stagiaires formées témoignent également de la diversité qu’offre cette académie. En effet, les formations rassemblent indifféremment ou par catégories tous les praticiens de la lutte contre le terrorisme, qu’ils soient agents en unités d’intervention, cadres ou hauts fonctionnaires. L’AILCT accueille ainsi des participants de différents statuts : militaires, policiers, gendarmes, magistrats, agents des administrations pénitentiaires et prochainement des douaniers.
Face à une menace islamiste transnationale tentant de se disperser à travers le contient africain, la Côte d’Ivoire est dans l’action. L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme forme les acteurs africains de la lutte contre le terrorisme. Ces investissements, soutenus par de nombreux partenaires, montrent que la protection des Ivoiriens et des Africains reste au centre des enjeux politiques et sécuritaires internationaux.
Constantine