Dernère publication
La grande famille Coulibaly, propriétaire terrienne de la sous-préfecture de Toumoukoro, dans le département de Ouangolodougou, a exprimé son inquiétude et sa détresse face à l’extension non autorisée d’un barrage. Lors d’une déclaration le mercredi 26 mars 2025 au sein du village, elle a dénoncé les travaux entrepris par une association d’éleveurs de bétail en janvier 2024, sans son consentement. Selon Coulibaly Beh Lohonan, porte-parole et fils du chef de terre, l’extension du barrage initialement construit par la Société pour le Développement des Productions Animales (Sodepra) en 1984 a été réalisée sans consultation préalable des propriétaires terriens.
« En mars 2022, ils sont arrivés avec des machines, sans avertir un seul membre de la famille. En 2023, ils ont poursuivi les travaux durant toute l’année avant de revenir le 6 janvier 2024. Ils ont accaparé plus de cinq hectares pour agrandir le barrage existant, sans qu’aucune étude technique ne soit menée avec notre accord. Une étude, si elle a eu lieu, aurait dû être réalisée en concertation avec nous. C’est une règle élémentaire », a-t-il déclaré.
Malgré des démarches entreprises auprès des autorités locales, la famille Coulibaly affirme que l’extension du barrage a été imposée sous la contrainte. « Le chef de brigade a échangé avec le chef de famille en usant d’intimidations, lui demandant d’accepter les travaux. Pendant toute la durée du chantier, la gendarmerie assurait la surveillance, ce qui témoigne d’une volonté manifeste de nous imposer cette extension », a-t-il dénoncé.
Des conséquences désastreuses
L’extension du barrage a eu des effets dévastateurs sur les terres agricoles de la famille Coulibaly.
Dans le mois d’août à septembre 2024, une inondation a submergé plusieurs hectares de cultures vivrières, entraînant de lourdes pertes.
« Ils ont fini ces travaux au mois de juin, alors qu’on avait déjà fait nos cultures de maïs, de coton et de riz. L’eau a inondé les champs dans le mois d’août à septembre 2024. Les dégâts sont considérables. Nos champs de riz et de maïs ont été détruits. Nous n’avons rien récolté. Même notre production de coton a été anéantie, alors que nous devons rembourser nos crédits agricoles. Nous sommes aujourd’hui dans une impasse, incapables de subvenir aux besoins de nos familles. Nos enfants, qui vont à l’école, en pâtissent », a déploré Coulibaly Beh Lohonan.
Par ailleurs, la montée des eaux rend impraticables les chemins reliant les campements environnants au village, compliquant notamment les déplacements des élèves en saison des pluies.
« Pendant la saison pluvieuse, nos frères des campements peuvent rester isolés pendant des semaines, incapables de rejoindre le village », a-t-il ajouté.
Un appel aux autorités
Alors que la saison des pluies approche, la famille Coulibaly exprime son profond désarroi et demande l’intervention urgente des autorités compétentes.
« Nous lançons un appel aux autorités pour qu’elles nous viennent en aide. Nous sommes dans le désespoir et ne voulons pas revivre les mêmes pertes cette année », a-t-il plaidé.
La famille avec à sa tête Doyéré Coulibaly réclame le démantèlement de l’extension du barrage et la réparation des terres endommagées.En quête de justice, elle a réintroduit son dossier auprès du tribunal de première instance de Korhogo après un premier rejet. Une nouvelle audience est prévue le 10 avril 2025 pour faire la lumière sur cette affaire.
Nambacéré Joël